dimanche 5 mai 2013

La Carte de Cassini et le Satellite (cartes des îles et presqu'îles de Bretagne)

Avant, la Bretagne c'était ça.



La Bretagne correspond à Britannia


Avec la carte de Cassini, sur commande de Louis XV, apparaît la première carte moderne de la France.
Ces cartes qui nous parlent d'un monde bien révolu (l'Ancien Régime), nous ont inspirés à plusieurs reprises.
La précision alliée à la simplicité des petits motifs servant de légendes étaient bien faites pour nous séduire.





Voici cinq versions MHAD de la carte de Cassini que nous avions volontairement simplifiées pour ne retenir que les éléments les plus graphiques.

D'abord situons les lieux explorés.




Saint-Malo, les Hébihens - Saint Jacut, l'île de Tomé, l'île Keller, l'île des Glénans, l'île Dumet.
Ce message un peu long sera découpé en plusieurs parties, OK?


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Au XVIII° siècle c'est une presqu'île à laquelle on accède par un cordon de sable qu'on appelle "le sillon" sur lequel tournaient des moulins mais aussi... des chiens féroces.
A la nuit tombée, les ballades sur la plage étaient formellement proscrites.
Victor Hugo en parle dans un style concis:

"Sur cette même grève rodaient jadis les vingt quatre dogues portiers de Saint-Malo, qui mangèrent un officier de Marine en 1770. Cet excès de zèle les a fait supprimer."

Franchement, confondre un officier français avec un pirate ou un anglais, quels idiots ces chiens!







Depuis Saint-Malo a grandi.







On voit l'île de Cézembre en haut à gauche mais on a du mal à distinguer la ville intra-muros.
Zoom.







On est à marée basse: on voit bien le sillon et la grande plage devant. On découvre aussi qu'on peut facilement accéder au Fort Royal (devenu National) et au Grand Bay (où repose Chateaubriand), à pied sec (disons juste un peu humides!).
Mais attention la marée remonte parfois très vite.

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Jusqu'en 1856, date de travaux de comblement, la marée haute pouvait encercler Saint-Jacut en recouvrant les petites hachures (correspondant à un creux) que vous voyez juste en dessous de la minoterie,  transformant ainsi la presqu'île en île.
D'ailleurs les habitants de Saint-Jacut sont restés un peu îliens "dans l'âme".
L'abbaye a des origines très anciennes, qui remontent à l'arrivée des premiers bretons au V° siècle.
Ces moines eurent sans doute un peu de fil à retordre pour convertir les "jaguens" (habitants de Saint-Jacut) puisqu'il y a encore peu, les pêcheurs invoquaient une étrange idôle pour s'assurer une bonne pêche:

"Saint Ahouahoua, donne nous du maqueriau!"

Sur l'île des Ebiens, on voit une tour.




Ici, nous devons faire un aveu: notre représentation de cette tour est très fantaisiste sur un point: c'était une tour de guet et de défense, pas une tour à feu...
Cette image date de l'époque où nous représentions beaucoup de phares; nous étions un peu intoxiqués par notre sujet!
Disons qu'il y a prescription?








Pour voir cette tour sans feu, empruntez le chemin de sable sinueux que l'on distingue bien sur cette vue satellite. Rentrez à la marée montante.



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Ce qui nous frappe de prime abord, c'est l'élégante forme de poisson de cette île, alors que la plupart des îles sont patatoïdes, il faut bien le dire.
A part cette observation, la carte ne nous indique rien de spécial; pas de fortin, pas de moulin, rien.
L'impression vu de la côte c'est une masse imposante plutôt pelée.
C'est Ernest Renan qui en parle le mieux:

"Un léviathan marin qui soulève à l'horizon sa rugueuse échine de granit"

C'est admirable, quel sens de la formule cet Ernest!





Cette île n'est, de nos jours, pas autorisée au public, mais nous avons découvert le site (d'un aventurier sans doute) qui nous montre l'île vue de son sommet.



vers la tête du léviathan (photo Gérard Musset)



vers la queue du léviathan (photo Gérard Musset)



Vous trouverez d'autres photos de l'Île sur son site (lien): merci Gérard.

En fait, l'île Tomé comportait une ferme au XIX° siècle; elle est aujourd'hui en ruine. On n'est pas très étonnés, cela devait avoir un petit côté "Jean de Florette" cette histoire.










La ressemblance avec la carte de Cassini est presque parfaite.
Ah! si, tout de même, personne n'avait signalé cette belle plage au nord du bourg de Perros-Guirec à l'époque.
Aujourd'hui les habitants de l'Île Tomé sont des gravelots qui apprécient la tranquillité au pied du monstre.




Cui Cui !

lundi 1 avril 2013

Le Poisson d'Avril 2013


Qui suis-je ?

Vous vous souvenez ? le premier avril, on se dévisse la tête pour avoir la solution du problème.



dimanche 10 mars 2013

Balade dans les ruelles de l'île de Sein

L'île de Sein, c'est la mer bien sûr, mais c'est aussi un petit bourg dans lequel on s'amuse à se perdre.
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Vous êtes complètement perdus?
Demandez votre route au Sphinx.






Ce rocher fait autorité sur l'île de Sein!

dimanche 10 février 2013

Du crabe dans les moules ! (et puis quoi encore?)

C'est le scandale de la semaine.
Tout le monde s'alarme de la présence de viande de cheval hachée dans la viande de boeuf hachée.
Et pourtant personne ne semble moufter à propos de la présence de crabes dans les moules !

Et bien ! nous avons le courage de le faire.






C'était il y a quelques mois, la saison des moules touchait à sa fin (passé octobre, on s'arrête).
Donc, vite, on achète des moules et on les cuit "à la marinière" illico presto.




De prime abord, on voit tout de suite que ces moules ne viennent pas du Mont Saint Michel (où elles bronzent beaucoup à la faveur des marées basses).
En effet elles viennent de Barfleur en Normandie.

On lèche, on gloupe, on mâchouille, on slurpe.




Là tout à coup, ça fait: "criss-critch-criss..."
et puis on sent... on sent... des pattes dans la bouche !

On regarde de plus près; oui nous reconnaissons ces intrus: de minuscules crabes dans les moules.




Dans une moule sur trois au moins.





On a vraiment l'impression d'avoir mangé un insecte autant dire un "alien", ce qui pour nous, occidentaux, reste un tabou puissant et surtout un dégoût insurmontable.

En faisant quelques recherches sur Internet, on apprend que ce crabe se nomme "pinnothère" ou "crabe petit pois", qu'il est l'un des plus petits crabes existant au monde, qu'il est un parasite de la moule, c'est à dire qu'il ne l'attaque pas directement, mais qu'il s'installe là pour manger tout ce qui passe des différents planctons: un pique-assiette quoi!


Pinnothères pisum
cliquez pour agrandir


Les nôtres ont bien profité: ils sont énormes pour leur espèce. Beurk.
On les déloge tous, ce qui est facile car ils ont été cuits "à la marinière", eux aussi.

A part cela, les moules étaient bonnes.
Mais ce n'est pas une raison pour laisser faire car on nous vend bel et bien 100 grammes de parasites dans un kilo de moules, c'est inacceptable. Mais que font les mytiliculteurs?... et la police?... et la Commission Européenne?



extrait de "L'étoile mystérieuse" - Hergé
(texte un peu modifié)

dimanche 27 janvier 2013

Extrait de "BONS SOUVENIRS de BRETAGNE": Goéland ("Gouelan" en breton) - Texte de Caroline Le Marquer

Vu de loin, on peut éventuellement le confondre avec une mouette.







Encore faut-il qu'il ferme son grand clapet, car dès lors que son cri rauque déchire l'air, plus de doute possible: on sait qu'on a affaire à un gouelan, un "pleureur". Celui-là même qu'on appelle du doux et poétique nom de goéland, mais à côté de qui la  mouette fait figure de créature tout à fait mignonne et inoffensive.






Le goéland, lui, est un véritable voyou, capable de toutes les exactions pour assouvir sa goinfrerie. Pourquoi se fatiguer à pêcher alors que les ports de pêche sont d'inépuisables garde-manger? Il suffit de quelques jets de fiente bien placés pour éloigner les gêneurs! Et si le festin semble encore maigre aux becs les plus voraces, reste à faire un tour en ville, où l'on trouve tant d'appétissant déchets.







Sans compter tous ces humains naïfs qui laissent quelques miettes de pain sur le bord de leur fenêtre sans se douter qu'ils vont bientôt être cernés, harcelés et rançonnés quotidiennement, dès potron-minet.




Voyez un peu la sale bête! Et pourtant, Dieu sait si, de retour au pays après un long voyage, on aime voir tournoyer les goélands dans le ciel breton!







Que l'on vienne de la terre ou de la mer, ils sont là, fidèles éclaireurs, qui ouvrent le chemin du rivage, clamant une sorte de "Bienvenue à la maison!" qui nous fait oublier, le temps d'un pincement au cœur, toute espèce de récrimination.






Une expression à retenir pour désigner poétiquement un goéland: Labous sant Paol. Oiseau de saint Pol. En souvenir du premier miracle accompli par le saint, qui parvint, au moyen de la prière, à dissuader les goélands de s'attaquer aux récoltes du monastère!