mardi 1 mai 2012

Comment peindre un macareux moine ?





Entre le 1° avril, fête du poisson et le 1° mai fête du travail, le macareux moine fait des poussins.




C'est maintenant qu'on peut l'observer en Bretagne; cet été les macareux seront partis.

C'est un cousin du pingouin, donc il préfère la fraîcheur, ce qui l'incite à venir dans les Côtes d'Armor, plus précisément sur l'Archipel des Sept Iles au large de Perros Guirec, pour nidifier.



Les sept îles au large de Perros Guirec, dont l'île Rouzic, l'"île aux oiseaux



Le macareux cumule plusieurs handicaps: au sol, il est peu à l'aise. Sa démarche est pataude et sautillante.
En l'air, ses petites ailes très courtes ne lui permettent qu'un vol maladroit, on parle d'un "vol en mite", vous voyez ?






Oui c'est difficile à représenter !

Par ailleurs, il a une très mauvaise vue, est-ce pour cela qu'il est également très craintif ?

Il ne fait pas un nid classique mais dort dans un terrier comme on peut le voir sur cette peinture du célèbre peintre d'oiseaux Jean-Jacques Audubon.





(peinture Jean-Jacques Audubon 1785-1851)




En revanche, il est "comme un poisson dans l'eau", et il pêche avec une grande efficacité, en rangeant ses proies bien alignées dans son bec.





Cet oiseau est attachant à bien des égards, mais pourtant un jour, sa tête a été mise à prix.







Période, Ô combien funeste.
Lisez ce compte-rendu de l'époque (1911) !


"La colonie de macareux de l'île Rouzic a été décimée. L'île offre l'aspect d'un véritable champ de carnage. Nous extrayons des trous des poussins morts, des œufs abandonnés et pourris; nous trouvons une seule femelle occupée à couver et un adulte près d'un poussin de huit à dix jours. Nous apprenons alors par nos matelots que huit jours avant, deux ou trois individus sont venus de Paris et se sont fait débarquer dans l'île avec une caisse de 60 kg de cartouches. Ils n'ont quitté l'île qu'après avoir tout brûlé sur ces inoffensifs oiseaux, tués au moment où ils venaient au nid apporter la nourriture à leurs petits. Les cadavres des victimes (près de trois cents, nous a-t-on dit) ont été ramenés à Perros, et là, jetés sur la grêve. Ces messieurs les chasseurs (!), fiers de leur tableau, n'en ont emportés qu'un ou deux exemplaires. Il paraît que ces vandales répètent presque tous les ans ces inutiles et stupides massacres. On peut estimer, dans ces conditions, que la colonie de macareux de l'île Rouzic aura, dans trois ou quatre ans, complètement abandonné ces parages." (témoignage - juin 1911).

Ce scandale a débouché sur la création de la Ligue de protection des oiseaux qui fête cette année son centenaire.



Cependant, on continue de le chasser dans certains pays.



(Iles Féroé-"oiseaux de mer"-Revue Ar Men n°54)


En Islande, on les mange rôtis ou fumés.

Mais en Bretagne, ces pauvres animaux (du moins ce qu'il en reste) ont encore du souci à se faire.




Amoco Cadiz - Portsall 1978
(photo martin rogers-National Geographic- juin 2008)




(LPO Photo Gilles Bentz)



Et maintenant, on apprend que la firme TOTAL n'aurait plus aucune responsabilité dans les dégâts occasionnés par le pétrolier ERIKA. On hallucine !!!


Le macareux nous avait inspiré une autre image ...







... qui nous valut quelques critiques stupides à cette époque (c'était en 1998: impossible de représenter un drapeau français).
"Le drapeau français n'appartient pas au Front National !" faisions-nous valoir...
Mais aujourd'hui, au vu des évènements, nous aurions envie d'ajouter qu'il appartient à tous ceux qui l'aiment.


Bon, pourquoi vous parlait-on du macareux moine aujourd'hui ?

mardi 20 mars 2012

Le mouton de MHAD soutient les Ouessantins dans leur lutte



Nous avons fait une affiche (une affichette - format A4) pour soutenir les Ouessantins.
Les Ouessantins qui se battent en ce moment pour la ligne aérienne qui relie l'île au continent.

Ouessant est "kreiz er mor", au milieu de la mer, il ne faut pas l'oublier...


- De notre correspondant spécial et ami sur l'île , Pascal Martin, qui nous a envoyé des photos...

On voit l'affiche sur l'île, notamment:


au 8 à Huit,





au Spar,






au bureau de tabac,






à l'Office du tourisme,






sur la camionnette de la Poste,






chez Mary's Jo- couture,





à la pharmacie,






on l'arbore pendant les manifs,






et devant le photographe de Ouest-France.



(cliquez pour agrandir, et lire l'article, c'est instructif)


Ouessant est une île, aux milieu de courants marins violents. Ouessant est le Finistère du Finistère nord. L'avion est vital pour elle.

Pour mieux le faire comprendre, on a fait une deuxième affichette, au cas où il faudrait enfoncer le clou !



Si vous vous intéressez, comme nous - on n'en doute pas - au devenir de l'île d'Ouessant, vous pouvez rejoindre ses défenseurs sur la page facebook "eussa free", et vous pouvez aussi télécharger les affichettes (c'est libre de droit - format A4) et les afficher partout.

dimanche 4 mars 2012

Cuillères de marin et Coquilles saint-Jacques



Les marins-pêcheurs ne manquent pas d'ingéniosité quand il s'agit de préparer la "popote".
En voici un exemple: une cuillère fabriquée à partir d'une coquille saint-Jacques, d'un morceau de bois flotté et d'un peu de ficelle.
Cet objet était encore utilisé au début du XX° siècle.
Bon ! de nos jours, les marins n'ont plus le temps de glander comme ça.





Il s'agit d'une reconstitution faite par nous-mêmes après en avoir aperçu des exemplaires au "Musée de Bretagne".

Le présentoir en bois est évidemment de notre invention.







pour les noeuds, c'est de "l'à peu-près".





La version écumoire nous paraît d'un usage plus évident que la cuillère qui est plutôt une louche en fait.

On exposait ça au tout début avec nos peintures, mais si cela suscitait un vif intérêt, nous avons aussi entendu des commentaires du genre: "on prend vraiment les touristes pour des pigeons !"

Ah! Ah!
Heureusement, nous n'avions pas vocation à devenir fabricants de cuillères de marin.

Dans le style "récup" beaucoup continuent d'utiliser les coquilles comme cendrier bien que ce soit sans doute l'objet le moins pratique pour cet usage.
Mais les traditions ont la vie dure.

Si on vous parle des coquilles saint-Jacques, c'est aussi parce que vous n'avez plus qu'un mois pour déguster la coquille fraîche de notre région.





Ensuite, il faudra vous contenter de saint-Jacques de provenances diverses, d'une fraîcheur plus aléatoire, plus chères, etc...
Hier, on la trouvait à 3€80 le Kg au marché des Lices à Rennes.

La baie de Saint-Brieuc est le plus gros gisement européen de coquilles saint-Jacques; le port le plus connu pour cette pêche est Erquy.





De là partent de nombreux bateaux pour la journée.




Ils n'ont droit qu'à quelques heures de pêche par jour.




Préservation de la ressource oblige !

Ces restrictions de pêche ont permis de voir les coquilles se multiplier de nouveau et tout le monde s'en félicite.

Donc, plus qu'un mois car "leur texture ferme et glissante sous le palais - quand elles sont fraîches et surtout bien fraîches - procure un plaisir inouï au goûteur sensitif", c'est le chef Christian Conticini qui le dit.

Lancez-vous dans l'ouverture des saint-Jacques vous-mêmes, c'est un peu impressionnant certes, mais ne devons nous pas assumer de manger des êtres vivants ?
Regardez le geste du professionnel sur cette petite vidéo tournée au marché des Lices de Rennes...




et tout ira bien !

dimanche 5 février 2012

La Chandeleur, les crêpes et la graisse de tigre



En ce moment, vous êtes probablement en train de vous faire des crêpes parce que le 2 février (jour de la Chandeleur) vous n'aviez pas le temps et que le week-end est propice à ce genre de repas informel: chacun fait ses crêpes en y apportant sa touche personnelle et on peut les manger avec les doigts.





En Bretagne, on n'attend pas la Chandeleur pour manger des crêpes: c'est notre plat emblématique.
Dans le moindre petit bourg de Bretagne vous ne faites pas trois pas sans tomber sur une crêperie.




Les crêperies sont sans doute notre meilleur produit d'exportation: on en trouve dans le monde entier.


Tout un chacun fabriquant ses propres crêpes maison aura pu remarquer le phénomène suivant: le côté face de la crêpe comporte des motifs qui s'apparentent à des veines dans le marbre





et après avoir retourné et cuit l'autre côté, disons le côté pile, on peut y voir des motifs plutôt proches des taches d'un léopard.




Peut-être peut on y chercher l'origine de cette étrange histoire pour enfants, parue en 1960 aux "Editions des deux coqs d'or".





Passons sur le déroulement de l'histoire pour aller droit à la conclusion (vous pourrez cliquer sur les images pour les agrandir).










!!!!!!!

Ce dénouement totalement surréaliste a marqué nos jeunes esprits à tout jamais.
Toutefois nous vous déconseillons d'utiliser cette graisse pour faire vos crêpes: le goût pourrait en pâtir sérieusement !


...................BEURK !





MIAM !

jeudi 19 janvier 2012

Le RADÔME de PLEUMEUR-BODOU

"Tiens! un igloo dans cette campagne d'Armorique..." auraient sans doute pensé nos ancêtres gaulois en apercevant cet objet blanc et sphérique...


gaulois en tenue d'été :-)


Encore eût-il fallu qu'il fût construit !

Cela aurait pu être le début d'une de ces légendes dont la Bretagne est prodigue...




Inauguré en 1962 par le Général de Gaulle, le radôme fêtera cette année son cinquantième anniversaire.




Regardez ce petit reportage d'époque en direct de Pleumeur Bodou : on se croirait par moments au cœur d'un épisode de Star Trek.


mardi 17 janvier 2012

Extrait de "Bons souvenirs de Bretagne" Texte de Caroline Le Marquer. TÉLÉVISION (Skinwel en breton)



La télé, c'est tout de même une belle invention. Et nous sommes plutôt fiers d'y avoir contribué un tout petit peu à notre niveau. N'est-ce pas du radôme de Pleumeur-Bodou que furent diffusées les toutes premières images venues d'outre-Atlantique en juillet 1962? La grosse boule blanche, qui abritait une des plus puissantes antennes jamais conçues jusque-là, inaugurait alors la première transmission d'une longue série. Date phare dans l'histoire de la téléphagie, car une fois le robinet ouvert, le flux était parti pour inonder durablement le vieux monde. Mais héberger le dernier cri de la technologie ne signifie pas être invité à en tirer parti. Et pourtant, nous aussi voulions communiquer! Pourquoi pas à la télé? La question est, aujourd'hui encore, l'enjeu de batailles acharnées. Mais plus question de saboter des antenne-relais comme il y a trente ans, cela ne ferait plus rire personne maintenant! D'autant plus que nos programmes régionaux ne sont pas si mal. On y voit notre pays, c'est le principal. Quant aux émissions en breton, elles nous rappellent, à l'occasion, l'incroyable variété de cette langue qui ne facilite pas toujours la communication entre générations. Ar skinwel, dites-vous? Ma foi, moi, je ne connais qu'an televizion!