dimanche 26 octobre 2008

Le champignon de la Côte de granit rose (Champis MHAD-chapitre 5)

A LA RECHERCHE DU CHAMPIGNON PERDU




Il se trouve à Trégastel si l'on en croit cette photo ancienne.




C'est une photo d'amateur sans doute; le tirage a beaucoup pâli avec le temps (nous l'avions trouvé à la grande braderie annuelle du canal Saint-Martin à Rennes).

Posant sous le champignon, on distingue vaguement des personnes, habillées de blanc. La photo parait dater des alentours de 1900.



A leur tenue, on peut supposer qu'il s'agit de touristes.

Nous avons représenté "le champignon de Trégastel" d'après ce document.




Puis un jour, nous avons cherché dans la lande de Trégastel-Ploumanac'h, ce "champignon de granit rose" que l'on devrait voir de loin en principe.

Introuvable!

Enquêtons un peu... après quelques heures de recherches, il n'y a plus de doute:





Ce "champignon" s'est écroulé et, de plus on dirait que le sol est monté de plusieurs mètres.

Quand cela s'est-il produit? Le "Télégramme" en a-t'il parlé?

PPDA, en retraite à Trégastel, ne pourra jamais venir s'abriter à l'ombre du champignon de Trégastel, ce qui vaut peut-être mieux pour lui après tout: un mauvais coup est vite arrivé. Ces rochers basculent inopinément (la nuit sans doute).

Juste à côté, sur le port de Trébeurden, nous sommes retournés voir le bar-restaurant "La Potinière" où nous avions exposé toute une série de ces "rochers insolites" pendant l'été 97.



Et voilà le tableau...



non seulement, ce restaurant n'a pas réouvert, mais la maison est devenue la proie des intempéries ( 10 ans d'intempéries, ça vous marque une maison!).


Par ce temps de Toussaint, on a marché sur la lande qui s'étend de Trégastel à Ploumanac'h.




Arrrgh!

Et oui!
TU ES POUSSIERE ET TU RETOURNERAS A LA POUSSIERE
On est un peu abattu... trop de marche peut-être.
Un peu plus loin, on arrive face à...



............................
Et si on allait boire un coup?

Ouais!!! (enthousiasme général).

Longtemps, les bretons ont trouvé là, le remède à tout ce spleen (mais ils ont des excuses, non?).

samedi 11 octobre 2008

Les champignons et les moutons d'Ouessant (Champis MHAD-chapitre 4)



Et comment, par cette habile transition, on revient à nos moutons!


Une des particularités de l'Ile d'Ouessant (entre autres), c'est que dès la fin de l'été, les "lépiotes" (également appelées "coulemelles") y poussent en abondance, et surtout, y sont d'une taille remarquable.





Les lépiotes poussent généralement à la lisière des bois, mais à Ouessant il n'y a pas de bois. Il n'y a pas grand chose pour les masquer, donc on peut en repérer une à 200 mètres, sans être un aigle. Dès lors, on fonce dessus en courant à travers les herbes comme si elle allait s'envoler (Ouessant rend idiot parfois!) et on trouve la lépiote avec toute sa famille, dont les jeunes, qui sont particulièrement bons.

Pourquoi tant de lépiotes à Ouessant? C'est là que nous retrouvons nos moutons! Certains avancent l'hypothèse que ce serait dû à la présence des moutons qui y vivent en liberté...




... et qui fournissent ainsi un engrais naturel un peu partout.




Ils ont des cabanes pour s'abriter des tempêtes et pour se réchauffer, mais ils y vont quand bon leur semble.




Ce mode d'élevage a nécessité des moyens pour reconnaitre les siens: un marquage spécifique pour chaque éleveur.

Le marquage se fait sur l'oreille: ici deux trous circulaires.




Il existe autant de découpes d'oreille que de propriétaires. Certains moutons ont les oreilles toutes dentelées.

Les techniques modernes sont arrivées ici comme ailleurs.




Ce n'est pas eux qui s'en plaindront.
"Ca ne fait pas plus mal qu'un piercing", nous ont-ils déclaré.




Donc nous voilà avec nos trois kilos de lépiotes toutes fraiches (on en a pris trop comme d'habitude!).

L'idéal serait de les mettre dans un plat au four après avoir rempli chaque petite boule de crème fraiche, de sel et de poivre, et d'attendre tranquillement en lisant un bon vieux James Hadley Chase, dans un bon vieux fauteuil, en sirotant un bon vieux porto vintage 1970...

Oui, mais là on campait.
 
Pour cuisiner, juste une gamelle de scout et, ah zut! pas de beurre. C'est maintenant que vous allez découvrir que nous avons de la ressource. Il nous restait un fond de pot de rillettes.




Qui dit rillettes dit 50% de gras, non?
Bref on n'avait pas le choix. Voici une recette pour scouts gourmets: faire fondre à feu doux un peu de rillettes, y déposer les champignons coupés en morceaux par petites quantités. Faire rissoler. Saler.
Ouap ! Délicieux.

Ce n'est pas parce qu'on fait du camping qu'il faut vivre comme des bêtes!


jeudi 2 octobre 2008

Les champignons MHAD partent en week-end



Expo MHAD: jeudi 2, vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 octobre 2008, les champignons MHAD participent à la grande fête champignonesque de Bellême dans l'Orne (forêt du Perche).


(pour en savoir plus et pour vous y rendre, cliquez sur le logo des Mycologiades)

jeudi 25 septembre 2008

Où se cachent-ils? (Les champignons de MHAD - chapitre 3)



Ca vous fait mal aux yeux? Ca vous fait peur?
On voulait juste attirer votre attention.

Pour traquer les champignons, aux cœurs des bois qui palpitent ou qui scintillent, aussi, (surtout après la pluie), il faut adopter un regard spécial: une attention flottante, un regard qui balaye, et... qui tel un laser, va tout à coup distinguer une forme parmi l'informe.




Vous voyez?
Non? Trop tard, vous venez de l'écraser! C'était un excellent bolet bai.

C'est un des grands plaisirs de la recherche des champignons: ne rien voir... puis les voir... puis ne plus les voir... qu'ils soient bons ou franchement pas bons, comme ces boules coriaces.




Un bon exemple de champignon abondant et discret dans nos coins de prospections (qui vont de la forêt de Rennes à la forêt de Brocéliande, pour l'essentiel), c'est la "chanterelle en tube".

Si vous marchez distraitement, vous ne voyez que des feuilles mortes gris-beige parmi les herbes et les aiguilles de pins.

On ne sait pourquoi, vous êtes soudain sortis de vos rêveries par un petit machin gris-beige avec un pied jaune.
Stop!
Prenez la peine de plier les genoux; maintenant vous en voyez dix...

Vous les cueillez et... vous alliez repartir... mais non, vous êtes cernés! ça pousse partout, en bouquet, en tapis, en nappes ondoyantes, à l'infini...
AAAh! Il y en a trop...


                     (récolte, en une heure)

Re-stop! ça suffit comme ça.

On voudrait pas dire, mais il y en a qui exagèrent. A force de remplir leur congélo, ils vident la forêt, privent des bestioles de leur abri et le hérisson de son met favori, quand ils ne jettent pas le tout à la poubelle, parce que la journée a été trop fatigante pour se lancer dans le nettoyage des champis un dimanche soir. Voila qui est dit. 

Pour conclure sur une note culinaire, nous dirons que la chanterelle en tube, c'est le haricot-beurre des champignons.

mercredi 10 septembre 2008

Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi! (Les champignons de MHAD - chapitre 2)




Vous connaissez tous cette petite rengaine d'apparence innocente: "Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi!" Votre mère vous avait offert le CD pour Noël 94... Remember...
C'est un groupe rennais: "Billy the Kick et les gamins en folie" qui avait sorti ce titre (cliquez sur ce lien). Le psilocybe, dont la chanson vante les mérites: il "joue avec les âmes et ouvre les volets de la perception", provoque généralement des hallucinations, parfois de graves crises d'angoisse, et, chez les plus fragiles d'entre nous, il est parfois à l'origine de bouffées délirantes qui peuvent marquer le début d'une schizophrénie paranoïde. Bon... vous êtes prévenus! Pour autant, vous aimez malgré tout les expériences extrêmes. Parce que les champignons ça reste un trip, voici quelques propositions culinaires.




La "langue de boeuf"est un gros champignon rouge de consistance gélatineuse, légèrement acidulé. Il se prépare le plus souvent en salade, coupé en cubes ou lamelles, avec une vinaigrette bien relevée et de la ciboulette. C'est le museau vinaigrette du végétarien, dirons nous.
Après cette mise en bouche, passons à une entrée plus consistante:




A distance, ça ressemble à un gros ballon, ou à un crâne humain blanchi.
S'il y en a beaucoup, préférez les petits formats (taille balle de tennis), plus fermes.

La préparation est très simple: c'est propre et
lisse, il n'y a rien à éplucher. Il suffit de couper des tranches régulières d'1 cm d'épaisseur environ et de faire rissoler sur les 2 faces dans un peu de matière grasse. Saler. Le goût évoque vaguement le blanc d'oeuf cuit au plat. Il n'est pas interdit d'y apporter une touche de fantaisie. Par exemples des plitsch de Ketchup ou de Chili sauce.



Cela ressemble (un peu) à une amanite tue-mouches en négatif. Sympa, non?

Passons au plat de résistance: un sparassis crépu.




Un seul exemplaire suffira pour nourrir une famille.
Laver bien les "plumes" de cette "poule des bois" (c'est son nom populaire), puis plonger la bête dans l'eau frémissante 10 à 15 minutes, ce qui atténue le goût un peu résineux. Certains le préparent ensuite en gratin comme le chou-fleur, mais sa ressemblance avec les tagliatelles nous incite plutôt à le préparer "à la carbonara". A vos bouquins de nouilles, heu pardon, à vos livres de cuisine italienne.

Vous commencez peut-être à vous sentir un peu lourds après tout cela, donc pour le dessert nous avons choisi un champignon petit et léger.




Dans certaines régions, on se contente de l'arroser de Kirsch. Nous vous suggérons de faire des crêpes Suzette, en remplaçant les oranges par des pezizes... Comment, ça le fait pas? C'est parce que vous avez oublié le Cointreau, étourdis que vous êtes!

Nous savons bien que les champignons sauvages suscitent toujours une certaine méfiance, et beaucoup d'entre vous blêmissent à l'idée d'un tel repas. Pourtant, vous ne vous posez aucune question lorsque vous dégustez des "psalliota bispora" dans la blanquette de veau.




Cela laisse songeur...

jeudi 4 septembre 2008

Les champignons de MHAD (chapitre 1)


Bye bye les coquillages et les crustacés, on passe à un truc de saison.




Magie... quelques pschitt de pluie et les revoili... les revoilà: les CHAM-PI-GNONS!
(Clap! clap! C'est bien, les enfants).


Les bolets...



les girolles,



le rosé des prés (vous savez, le cousin campagnard du champignon de Paris!).



Cependant l'ennemi guette l'inconscient au coin du bois.




Les amanites forment une famille très décorative,



mais si certaines sont très estimées, d'autres sont redoutables... Donc, on ne montrera jamais assez le portrait-robot de ce serial killer: l'amanite phalloïde.




Tout ce qui y ressemble doit être oublié (surtout quand on n'y connait rien!), sinon...


vendredi 22 août 2008

"Peintre en Saint Yves"



"... il exista jadis, de par la Bretagne, une confrérie nomade de peintres rustiques, qui s'en allaient de bourg en bourg, illustrant ainsi de motifs pieux les demeures des humbles... je crains fort que, de ces imagiers populaires, Mabik Rémond ne soit chez nous le dernier..." (Anatole Le Braz - "Au pays des pardons")




C'est Mabik Rémond que l'on voit sur la carte postale.

Mabik Rémond (1835-1905) était ramoneur et surtout "peintre en Saint Yves". Il exerçait ses talents dans le coin précis où nous exposons cet été, du côté de la Roche jaune, Plouguiel, Tréguier, Port-blanc, etc...
Pour peindre ses St Yves, il utilisait, d'après ce que l'on sait, les moyens les plus simples, peignant à même les murs blanchis à la chaux avec des terres d'ocre et du noir de fumée.
Selon la somme qu'on lui donnait et selon son humeur, il réalisait un St Yves "version archevêque" ou "version simple vicaire"...





Malheureusement, il reste très peu de ces peintures, elles n'avaient plus la "cote", elles ont été barrées par des portemanteaux, recouvertes de papiers peints, de carreaux de grès cérame, de colle néoprène et de moquette murale dans le pire des cas.

Nous nous considérons comme des imagiers bretons, nous aussi. Il est inutile de nous appeler pour faire un ramonage... En revanche, on peut toujours nous appeler pour peindre un St Yves.
Exposant à la Roche jaune, nous avons eu envie de rendre cet hommage au dernier des "peintureurs de Saint Yves".








bibliographie:
- Anatole Le Braz: "Au pays des pardons"
- Revue Ar men n°41. Article et photos de Daniel Giraudon